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Une bonne citerne à eau de pluie n'est autre que la reconstitution artificielle d'une cavité rocheuse souterraine, dans laquelle l'eau se conserve très bien. Contrairement aux idées reçues, l'eau stockée dans une citerne en béton ou en maçonnerie contient suffisamment de sels minéraux pour rendre l'eau biocompatible.

Première publication du texte de la présente page sur www.eautarcie.com : 2003

Adaptation du texte original et première publication de la présente page sur www.eautarcie.org : 2009-09-04

Mise à jour : 2015-07-26

La qualité d'eau de pluie d'une citerne

L'acidité de l'eau de pluie

Il faut faire la distinction entre l'eau qui tombe des nuages et celle qu'on stocke dans une citerne correcte. Si la première est toujours acide et ne contient pratiquement pas de sels minéraux, la seconde est neutre et faiblement minéralisée.

De nombreuses idées largement répandues à propos de la qualité de l'eau de pluie ne résistent pas à une analyse de laboratoire. Certains prétendent qu'il est abusif de parler de la « pureté » de l'eau de pluie à cause de la pollution atmosphérique qu'elle peut « laver » en se chargeant de pollution. Nous ne disons pas que l'eau de pluie est exempte de pollution. Elle est seulement moins polluée que l'écrasante majorité de l'eau qui se trouve dans la nature. C'est un fait analytique. Il ne faut pas oublier que la source primaire de toute eau douce sur la Terre est la pluie ou la neige. Sa pollution influencera donc la qualité de toute eau douce (donc non salée) naturelle.

Ainsi, avant d'arriver dans la citerne, cette eau subit évidemment la pollution atmosphérique. L'effet le plus spectaculaire de cette pollution est l'acidité.

Même sans pollution, en raison de sa teneur en dioxyde de carbone CO2 toujours présent dans l'atmosphère, la pluie est naturellement acide. A cette acidité naturelle s'ajoute l'acidité due à la présence d'oxydes d'azote NOx et du dioxyde de soufre SO2. Ces oxydes sont rejetés lors de la combustion des carburants fossiles (pétrole, charbon), surtout à haute température. Ces oxydes dissous dans l'eau deviennent des acides: l'oxyde d'azote formera de l'acide nitreux HNO2 et de l'acide nitrique HNO3, tandis que le dioxyde de soufre produira de l'acide sulfureux H2SO3 qui s'oxydera à l'air en acide sulfurique H2SO4.

Les pluies acides constituent une nuisance au niveau des forêts de conifères. Elles détériorent aussi les monuments en pierre calcaire. En ce qui concerne la valorisation domestique, l'acidité constitue un avantage.

Les sels minéraux dans l'eau d'une citerne

Les substances acides contenues dans l'eau de pluie réagiront avec les composantes basiques du béton ou le mortier de la citerne et mettent des sels minéraux en solution. Pendant cette opération, l'acidité disparaît: l'eau devient neutre. L'écrasante majorité des sels mis en solution est constituée d'hydrogénocarbonate de calcium Ca(HCO3)2. Les oxydes d'azote donneront des ions nitrates, le dioxyde de soufre, des sulfates. La contribution de ces ions est faible. Je n'ai jamais mesuré plus de 9 milligrammes par litre de nitrates dans l'eau d'une citerne. La valeur moyenne est de l'ordre de 3 à 5 mg/l. A titre de comparaison, dans une eau légalement potable, il peut y en avoir jusqu'à 50 mg/l. Les hydrogénocarbonates et les sulfates sont des sels (plus exactement : des ions), inoffensifs pour la santé du consommateur.

En résumé, si l'eau qui tombe sur le toit est acide et contient très peu de sels minéraux, celle contenue dans une citerne en béton ou en maçonnerie est neutre, ou légèrement basique (pH compris entre 7,5 et 8,5) et faiblement minéralisée. La minéralisation moyenne est de l'ordre de 50 à 80 milligrammes par litre. En dessous de 10 mg/l, l'eau serait trop pauvre en électrolytes, et il faudrait en ajouter. Au-dessus de 200 mg/l, elle serait susceptible de surcharger les reins d'une personne souffrant d'insuffisance rénale. Une personne en bonne santé peut tolérer la consommation d’une eau contenant même 600 mg/l de sels minéraux. Nous ne savons malheureusement pas à priori si notre fonction rénale est parfaite ou génétiquement faible, susceptible de faillir à sa tâche avec le temps.

A titre de comparaison, l'eau minérale « Spa Reine » (une des meilleures eaux minérales vendues en Belgique - publicité gratuite) en contient 35 mg/l, l'eau minérale « Mont Roucous » (considérée par les spécialistes en alimentation saine comme une des meilleures - publicité gratuite) en contient 16 mg/l. La teneur en sels minéraux des eaux de distribution varie de 600 à 1200 mg/l.

Le tableau suivant résume les résultats de 18 mesures effectuées sur des échantillons prélevés dans 7 installations PLUVALOR différentes. Le tableau révèle que la qualité physicochimique de l'eau de pluie stockée dans une citerne en béton est proche de l'idéal.

Paramètres physicochimiques de l’eau d’une citerne
(dans des installations de type PLUVALOR)

Paramètres Unités

Valeur
Minimale

Valeur
Maximale

Valeur
Moyenne
Normes
pour l'eau
potable
Acidité basicité: pH - 6,31 8,01 7,23 6,5 - 9,5
Conductivité µS/cm 36 190 90 < 2100
Nitrates   NO3- mgN/l 0,2 4,7 1,5 <11,3
Ammonium  NH4+ mgN/l 0,010 0,059 0,02 <0,5
Chlorures  Cl- mg/l 1,0 16,7 6,5 <350
Sulfates  SO42- mg/l <8 <8 <8 <250
Calcium Ca2 mg/l 4,3 15,3 10,1 <270
Magnésium Mg2 mg/l 0,14 0,52 0,21 <50
Zinc Zn2 µg/l 50 1731 466 <5000
Fer Fe2 µg/l <50 <50 <50 <200
Cadmium Cd2 µg/l <10 <10 <10 <50
Plomb Pb2 µg/l <50 <50 <50 <50

Lors de la mise en service d'une nouvelle citerne

Lors de la mise en service d'une nouvelle citerne, le béton ou le mortier des parois contient au départ trop d'éléments alcalinisant qui rendent l'eau de pluie récupérée un peu trop basique. Le pH de l'eau, sa dureté, ainsi que sa teneur en sels minéraux peuvent être anormalement élevés. Dans de nouvelles citernes, on a déjà mesuré un pH = 10 et une teneur en sels minéraux de plus de 500 mg/l. Ce phénomène est heureusement temporaire, et il ne faut pas s'en inquiéter. Une telle basicité, sans nuire à la santé (sauf pour boire), confère à l'eau un caractère désagréable pour l'hygiène personnelle. Elle peut dessécher voir même irriter une peau sensible. Les premières eaux d'une nouvelle citerne ne doivent pas servir pour la boisson et l'alimentation. Pour les autres usages, il n'y a pas de problème. Il est donc préférable d'évacuer les premières eaux de la citerne avec une pompe vide-cave ou l'utiliser pour l'irrigation du jardin, et attendre que la citerne se remplisse de nouveau. Beaucoup de candidats bâtisseurs conseillent d'utiliser les premières eaux récoltées pour les travaux d'achèvement de la maison.

Lorsqu'on veut rendre potable l'eau de pluie, le système de microfiltration ou d'osmose inverse ne doit être mis en marche qu'au moment où le pH de l'eau de la citerne descend en dessous de 9, ou mieux 8,5. Même sans faire des mesures de pH, après 3 à 6 mois d'usage normal on peut mettre en service le système de production d'eau potable.

Les substances indésirables dans l'eau d'une citerne

Outre l'apport de sels minéraux à l'eau de pluie par la citerne elle-même, divers types d'impuretés peuvent être entraînés dans la citerne lors d'une pluie. On peut mettre en cause l'eau de pluie elle-même qui entraîne des particules et des impuretés atmosphériques (air salin, fumées, gaz d'échappement, etc.). L'écoulement de l'eau sur le toit et dans les gouttières ainsi que son contact avec le contenu de la citerne peuvent aussi altérer la qualité de l'eau. On note ici l'influence des impuretés organiques et minérales (fientes d'oiseaux, feuilles mortes, poussières, oiseaux morts dans la gouttière, rongeurs ou grenouilles mortes dans la citerne etc.).

Le choix des matériaux pour le toit, les gouttières, les chenaux et la citerne est important. La vitesse de réaction de ces matériaux avec l'eau est un facteur primordial. Il faut aussi tenir compte du temps de contact avec l'eau et de la température.
Fait très important : Le temps de contact avec le toit est faible. L'eau n'y fait que passer. Avec les parois de la citerne, le temps de contact est élevé.

Les composés organiques

La situation est assez complexe en ce qui concerne les traces de composés organiques dans l'eau. L'analyse de ces traces (moins de 1 µg/l, prononcer : microgramme par litre, soit un millionième gramme par litre) demande un appareillage perfectionné et très cher. Encore, faut-il savoir à l'avance ce que l'on cherche. Dans le cas contraire, pour chaque analyse, on est parti parfois pour des mois, voire des années de recherches. Pour l'eau potable, les normes prévoient des limites sévères en ce qui concerne les résidus de pesticides. En Europe, l'ensemble des pesticides présents ne peut pas dépasser le 1 µg/l. Or, dans beaucoup de puits, de rivières et aussi dans des nappes phréatiques, la teneur dépasse cette limite. Dans ce cas, les sociétés distributrices sont censées utiliser des filtres à charbon actif pour ramener la teneur en pesticides en dessous des valeurs limite. En réalité, rares sont les sociétés distributrices d'eau qui les utilisent pour purifier l'eau destinée à la population. En utilisant l'eau de distribution, les risques pour la santé sont plus élevés qu'avec l'eau de pluie traitée suivant le système PLUVALOR. Sans parler des effets néfastes du chlore.

Les composés organiques dans l'eau de pluie proviennent essentiellement des pollutions atmosphériques et des matériaux de la toiture. Les bardeaux en bois par exemple, confèrent à l'eau une coloration brune ou jaune due à la présence d'huiles essentielles libérées par le bois. Dans cette eau, il y aura aussi, surtout au début, une suspension de matières organiques qui constituent un véritable milieu de culture pour les bactéries. Certains matériaux de toiture (goudron, bitume, plastiques) confèrent un goût et une odeur à l'eau de pluie. Les toits en bitume peuvent évidemment lâcher des hydrocarbures - même aromatiques - donc certains sont toxiques. Heureusement notre nez est sensible à ces composés toujours extrêmement odorants (dans bien de cas, plus sensible que les appareils de laboratoire les plus perfectionnés, pour autant que notre odorat n'ait pas été altéré par le tabac). Nous en détectons la présence avant d'atteindre le seuil dangereux - du moins en usage externe, donc pour l'hygiène personnelle. Cependant, il n'est pas agréable de prendre son bain dans de l'eau qui sent par exemple le caoutchouc ou le goudron.

La filtration au charbon actif élimine toute coloration et retient les goûts et les odeurs conférés à l'eau par les matériaux du toit. Donc au niveau de l'eau de boisson – toujours purifiée par charbon actif , quelle que soit l’option prise pour la production de son eau potable – il n'y a pas de danger. Par contre, un filtre peut vite devenir saturé lorsque la concentration des impuretés est élevée. Dans le système PLUVALOR, lors de la production d'eau potable avec microfiltration, le moindre dépassement de la capacité du filtre signale l'apparition soudaine d'un goût désagréable, signalant le moment de changer l'élément filtrant.

Des substances nocives peuvent également provenir des fumées et des gaz d'échappement. Ces composés, parfois toxiques, se retrouvent dans certaines averses. En usage externe, en raison de faibles concentration, leur nocivité est réduite, voire pratiquement nulle. Pour l'eau de boisson et pour l'alimentation, avec le système de microfiltration ou d'osmose inverse, il n'y a aucun problème : ces substances sont intégralement éliminées. Les composés indésirables susceptibles de se retrouver dans l’eau de votre citerne ne représentent pas un danger pour votre santé en usage externe (bains, douches et même en se lavant les dents). Seule l’eau pour la boisson et pour la cuisson des aliments doit obligatoirement répondre aux normes pour l’eau potable.

La question du zinc

La presse signale parfois une teneur trop élevée en zinc dans l'eau de pluie. On pense immédiatement aux gouttières et aux toits en zinc. Certaines de, ces analyses ont été faites sur de l'eau récoltée par ruissellement sur les voies publiques, les trottoirs, voire les allées de jardins. La contribution de ces surfaces à la pollution par le zinc est loin d’être négligeable.

Ce qui nous intéresse au point de vue de la récupération de l’eau de pluie est le résultat des analyses qui ont été faites sur des eaux récoltées sur des toits en zinc. C'est le cas notamment d'une étude faite à Paris en 2002 [1], où l'on a mesuré des concentrations dépassant les normes pour l'eau potable. Il s'agit ici des toits des maisons dont l'âge peut parfois dépasser un siècle. L'âge des toits en zinc influence également la vitesse de corrosion de ce type de toit. Les toits les plus anciens résistent moins bien à la corrosion par les eaux pluviales.

[1]
Référence : M.C.Gromaire, G.Chebbo, A.Constant, Incidence of zinc roofing on urban runoff pollutant loads. The case of Paris. Water Science and Technology, Vol. 45, n°7, 2002, p.113-122. Les auteurs parlent de concentrations élevées en zinc et en cadmium à un point tel "que la qualité des eaux de la Seine pouvait être menacée" - du moins selon les auteurs. Au Tableau 2 de cette étude, on découvre que dans l’eau récupérée des toits, la concentration la plus élevée mesurée en zinc était le double (exactement 9855 µg/l) de celle imposée pour l'eau potable (5000 µg/l). En ce qui concerne le cadmium, la valeur maximale mesurée se situe à moins de 5 µg/l, exactement un dixième de la valeur pour l'eau potable (50 µg/l).

D'après le Tableau 1 de l’étude, la valeur moyenne des mesures des concentrations en zinc dans les eaux de ruissellement des toits en zinc était de 4874 µg/l, un peu en-dessous de la limite pour l'eau potable. La concentration moyenne en cadmium était de 2,5 µg/l, environ 5% de la valeur admise pour l'eau potable. En matière de « pollution de la Seine » ces eaux « polluées de zinc », avant de rejoindre la rivière, sont diluées par les eaux provenant de toits faits en d'autres matériaux que le zinc et par les eaux de la voirie.

C'est ce qui apparaît clairement lors de l'analyse des données du Tableau 5 de l’étude. Les auteurs calculent la quantité globale estimée entre 33 et 60 tonnes, (en moyenne 46,5 tonnes) de zinc, que 4 à 8 millions de m³ (en moyenne 6 millions de m3) d'eau de pluie drainent annuellement des toits en zinc. Cela représente une concentration moyenne de 7750 µg/l, nettement plus élevée que le 4874 µg/l signalé au Tableau 1. A ce niveau, il y a donc une incohérence dans les valeurs mesurées. Par contre, les 37 millions de m³ d'eau se déversant dans les égouts drainent annuellement 60 à 84 (en moyenne 72) tonnes de zinc vers la rivière. Les auteurs oublient de préciser qu'en divisant 72 tonnes par 37 millions de m³, on obtient la concentration moyenne en zinc des eaux déversées dans la Seine, c'est-à-dire 1946 µg/l, soit deux cinquième de la valeur admise pour l’eau potable. Eu égard à ces résultats, est-il correct de parler de « pollution de la rivière par le zinc »? Ne parlons même pas du cadmium où, toujours d'après les données du Tableau 5, la concentration moyenne est de l'ordre de 1 µg/l, un cinquantième de la valeur imposée pour l'eau potable.

Le lecteur n'ayant pas une formation scientifique et qui lit les chiffres de concentrations mesurées dans l'eau de ruissellement des toits, arrive logiquement à la conclusion « qu'il est dangereux de consommer de l'eau de pluie à cause de la pollution par le zinc ». C'était le cas d'une de mes correspondantes qui, après lecture de l'article, envisageait l'abandon du toit de zinc pour sa maison à construire.

Les auteurs de cet article, parlant de la « pollution de l'eau de pluie », sont directement liés aux services urbains des eaux. Pour ces services, l’eau de pluie apparaît comme une sorte de « concurrence commerciale déloyale ».

Il y a plus de 30 ans, le zinc utilisé n'était pas aussi pur qu’actuellement. Dans les tôles actuelles dites de « quatre neuf », la teneur en zinc est de 99,99%. Avec une telle pureté, la corrosion est fortement ralentie, tel n'est pas le cas des tôles anciennes en zinc. Toutefois, la présence du dioxyde de soufre SO2 dans l'atmosphère peut faciliter la corrosion. C'est surtout vrai dans les grandes villes où la combustion des carburants (surtout le charbon, de moins en moins utilisé) contenant des impuretés de soufre est plus importante. Toutefois, des traitements de surface des tôles de zinc faites actuellement à la fabrication diminuent aussi la corrosion.

Un autre élément favorise la corrosion des tôles de zinc: la présence des clous et des crochets en cuivre, utilisés par les couvreurs anciens. Lorsque ces deux métaux sont mis en contact électrique par l'intermédiaire de l'eau, la corrosion du zinc est inévitable.

En dehors des grandes villes et des zones industrielles, la teneur en SO2 de l’air est heureusement très faible, voire nulle. En l’absence de SO2, le zinc est très peu soluble en milieu acide (au pH de l'eau des précipitations). Or, l'eau de pluie qui ruisselle sur un toit est toujours acide, même en l'absence de toute pollution. Il n'en demeure pas moins que dans l'eau des citernes, la teneur la plus élevée en métaux lourds concerne le zinc. Les campagnes de mesures que nous avons faites en collaboration avec le professeur Paul Vander Borght de l'Université de Liège sur de l'eau de citerne chez des usagers du système PLUVALOR présentent une valeur moyenne inférieure à 500 µg/l (microgrammes par litre). Dans une eau de citerne provenant d'un toit en zinc, nous n'avons jamais mesuré des teneurs en zinc dépassant les 1750 µg/l. A titre de comparaison, dans l'eau de ville à Mons, à la sortie du robinet au laboratoire, nous avons une fois prélevé une teneur en zinc de 3700 µg/l. La concentration légalement admissible pour l'eau potable est de 5000 µg/l ! Certaines personnes peuvent être sensibles au zinc et développer une allergie par rapport à cet élément. Cette affection, comme toutes les allergies, a plus de chances d'apparaître avec la consommation de l'eau de ville qu'avec l'eau de pluie.

En conclusion, la récupération de l'eau de pluie sur un toit en zinc ne présente en général pas de problèmes. Dans les zones industrielles et dans les grandes villes, quand l'eau utilisée provient d'un toit en zinc, surtout un vieux toit, il est plus prudent de faire analyser l'eau de la citerne par rapport à cet élément. Si la concentration devait dépasser 2000 µg/l (ce que nous n’avons encore jamais observé), à la place de la technique de microfiltration, il est préférable d'avoir recours à l'osmose inverse qui élimine la totalité des métaux lourds présents. Pour rappel, la teneur en zinc admise par les normes pour l’eau potable est de 5000 µg/l.

Des métaux toxiques : le cuivre, le plomb et l'aluminium

Il arrive fréquemment que certains éléments du toit (pourtour des cheminées, des fenêtres de type « Velux », des capteurs solaires, etc.) soient rendus étanches avec des plaques de plomb. L'eau qui ruisselle sur le toit n'est en contact avec ces éléments que très peu de temps. Il faut évidemment éviter de faire les gouttières en plomb, car dans celles-ci, l'eau peut éventuellement stagner et dissoudre un peu de métal. Il faut quand même noter que dans des centaines d'analyses que nous avons effectuées dans différentes installations, nous n'avons jamais pu relever une teneur en plomb dépassant les normes pour l'eau potable. La teneur mesurée était toujours largement inférieure à celle admise par les normes.

Certaines vieilles maisons (et parfois même des nouvelles) sont équipées de gouttières en cuivre. Lors de la restauration, si on ne les remplace pas, ces gouttières doivent obligatoirement être bien réparées afin de supprimer toute stagnation d'eau, source de « vert de gris » dû à la corrosion du cuivre par l'eau. Dans une vieille installation équipée de gouttières (ou d'un toit) en cuivre, il vaut mieux faire faire une analyse de l'eau de la citerne afin d'en connaître la teneur en cuivre. Si cette teneur dépasse 1 mg/l, le système de microfiltration ne convient pas pour la production d'eau potable. Il est alors préférable d’avoir recours à un système à osmose inverse qui enlève les ions cuivriques de l'eau. Pour les usages non alimentaires, une faible teneur en cuivre (jusqu'à quelques milligrammes au litre) ne constitue pas un inconvénient. Tout au contraire, le cuivre est bactéricide.

En cas de doute, ou si votre toit comporte déjà des éléments ou des gouttières en plomb, en cuivre ou en aluminium, il vaut mieux faire analyser l'eau de la citerne par rapport aux métaux toxiques susceptibles de s'y trouver. À l'exception du plomb, si la teneur dépasse les normes pour l'eau potable, cela ne signifie nullement que cette eau ne convienne pas pour les usages non alimentaires. Cependant, pour la production de votre eau potable, au lieu du système de microfiltration, vous aurez recours à l'osmose inverse. Cette technique élimine tout danger éventuel provenant des métaux lourds. Le plomb quant à lui, est le seul métal dont la présence en concentration plus élevée que les normes exclut l'eau de la catégorie « inoffensive », étant donné que le plomb peut être absorbé par voie cutanée, et en raison de son caractère cumulatif dans l'organisme vivant.

Il faut insister sur le fait qu'une teneur en métaux dépassant les normes n'est dangereuse qu'en cas d'absorption d'eau en quantités importantes. La quantité d'eau que l'on peut éventuellement avaler pendant la douche, dans son bain ou en se lavant les dents est bien trop faible pour constituer un danger pour la santé. Il faut aussi insister sur le fait que dans la plupart des eaux de distribution, mesurées non pas à la sortie des installations de production, mais au niveau du robinet du consommateur, il y a en général plus de métaux lourds que dans l'eau d'une citerne à eau de pluie. [Réf.: K. DE CUYPER, K. DINNEG (laboratoires de CSTC), « La qualité de l'eau à la sortie du robinet » Tribune de l'eau, n°268/2, mars-avril 1994, p.35-42].

Du sel marin dans l'eau de pluie

Certains usagers habitant près de la côte de l'Atlantique ou de la Mer du Nord, ont signalé la présence de sel marin dans l'eau de leur citerne. Heureusement, cette concentration est faible, mais peut gêner la consommation en tant qu'eau potable.

Les vents parfois violents venant du large peuvent, en effet, drainer une sorte d'aérosol d'eau salée susceptible de se retrouver dans la citerne. Heureusement, ces vents salés sont saisonniers et dans l'ensemble, ils apportent relativement peu de sel.

L'eau ainsi récupérée peut donc, sans problèmes, convenir à tous les usages domestiques directement non alimentaires. Pour la production d'eau potable, on donnera donc la préférence à un système à osmose inverse à la place de la microfiltration sur céramique. Moyennant cette précaution, le système PLUVALOR reste donc valable dans les régions côtières.

Des algues dans la citerne

On lit parfois dans la littérature qu'il faut éviter la présence d'algues dans les citernes à eau de pluie. D'autres affirment, qu'au contraire, la présence des algues est un facteur de stabilité biologique, susceptible de purifier l'eau. A notre avis, il y a un fond de vérité dans les deux opinions, mais chaque fois pour une application différente, il vaut mieux de bien fixer les objectifs poursuivis. La lumière ne convient pas dans les citernes enterrées tandis qu'elle est un facteur d'équilibre dans des réserves d'eau exposées à l'air libre.

Une citerne à eau de pluie pour usage domestique n'est autre que la reconstitution artificielle d'une cavité rocheuse souterraine dans laquelle l'eau stockée se conserve bien. Pour la bonne conservation, la température doit rester constante (ce qui est le cas dans une citerne enterrée), l'eau doit être neutre ou légèrement basique (citerne en béton, en pierres calcaires ou en maçonnerie), contenir une petite quantité (environ 50 mg/l) de sels minéraux dissous (qui provient évidemment de la neutralisation de l'acidité par les parois de la citerne). Sans remplir ces conditions, l'eau de pluie risque d'y devenir putride et sentir mauvais. C'est le cas dans les citernes en plastique ou en métal où l’acidité de la pluie n’est pas neutralisée.

En laissant entrer la lumière du jour dans une telle citerne, grâce à la présence de sels minéraux et aussi de la matière organique (venant du toit de captage), des algues s'y développent sur les parois, mais aussi dans l'eau. En l'absence d'aération forcée de l'eau (par exemple à l'aide d'un diffuseur de bulles d'aérateur d'aquarium ou d’étang) ces algues finissent par fermenter en anaérobiose (en l'absence d'air) conférant à l'eau une odeur désagréable, mais parfaitement inoffensive. Dans des citernes fortement éclairées les algues finissent par rendre l'eau verdâtre ou jaunâtre et colmatent rapidement les filtres. Dans les citernes, il vaut donc mieux de ne pas laisser entrer la lumière du jour [2].

[2]
La situation est complètement différente dans un étang décoratif du jardin, dans un étang de finissage du système TRAISELECT complet, voire même dans un système de lagunage, où la lumière joue un rôle capital dans le processus de clarification des eaux ou d'épuration qui caractérise ces bassins.

Eau de pluie pour arroser le jardin

Lorsqu'on construit un réservoir afin de stocker l'eau de pluie uniquement pour arroser le jardin, la situation est différente. Ce réservoir peut être un bassin en plastique, en béton ou en un autre matériau. Il sera relativement peu profond (max. 120 cm) et tout à fait ouvert. A la limite, on peut même y installer quelques plantes aquatiques. Attention, en période estivale, de tels bassins évaporent beaucoup d’eau. Pour l'eau d'arrosage, il vaut mieux une température un peu plus élevée que celle des citernes enterrées. Le soleil chauffera donc l'eau à la température, qui règne dans les forêts tropicales, que les plantes apprécieront le soir. Pour alimenter un tel réservoir, l'eau récoltée sur le toit des serres convient parfaitement. L'eau stockée dans de tels réservoirs ne convient pas à un usage domestique (sauf pour les nettoyages).

Un bio-film épais, contenant des algues se développera sur les parois, assurant à l'eau une stabilité biologique. Attention, l'introduction de l'eau de ville, de source, de puits ou de rivières dans une réserve à eau de pluie aura comme conséquence le développement explosif des algues, même filamenteuses. Dans ces conditions l'eau risque de devenir putride, mais elle reste toujours bonne pour l'irrigation.

Pour continuer la lecture, aller au chapitre sur L'eau à usage non alimentaire.

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